25 mar

Le 19 mars dernier, paraissait sur le site du Devoir, une lettre à la Ministre de l’Éducation Michelle Courchesne. L’auteure, une enseignante au secondaire, s’adresse à la Ministre pour lui dire de ne pas saborder la réforme :

Le virage technologique bouleverse les façons d’apprendre et d’enseigner, ajoute-t-on dans l’article. Tout cela semble aller de soi. Nul ne l’a dénoncé. Nul ne s’en est moqué. Et il y a là des éléments qui ont pourtant mené à la réforme…

En effet, lorsque la Ministre a décidé de faire un pas en arrière (voir La réforme de la réforme?), les arguments ayant mené à la réforme ne semblaient pas en cause, c’est plutôt la matérialisation qui sembler poser problème (on y abordait les grilles et les bulletins).

L’auteure, Brigitte Friset, note au passage qu’il n’est pas aisé, lorsque les médias s’acharnent à la détruire, de défendre la réforme lorsque même les acteurs sur le terrain se font attaquer :

On s’est de plus moqué du professeur qui devenait un guide. Comment avoir pu comprendre qu’un guide regardait ses élèves réaliser des projets! Je ne choisirais pas un guide touristique qui découvre en même temps que moi les trésors de l’Alhambra! Être un bon professeur c’est, comme le disait en partie Lévi-Strauss, être «celui qui pose les bonnes questions », parce qu’il a d’abord imaginé les chemins qui mènent à la réponse, tout en se réjouissant que son élève en trouve de nouveaux.

Deux éléments ont attiré mon attention. Premièrement, l’auteure mentionne qu’elle connait « (…) plusieurs professeurs, rigoureux et exigeants, d’excellents professeurs, qui ont vécu harmonieusement cette réforme ». La réussite de l’implantation, voire dans l’intégration, de la réforme passerait donc, du moins en partie, par un profil particulier d’enseignants?

Enfin, j’ai souri lorsque l’auteure s’adresse à la Ministre : « Laissez-moi vous rappeler que vous n’êtes pas une pédagogue ». Je n’ai pas pu m’empêcher de jeter un coup d’oeil sur le cv de Madame Courchesne (ici et ici). En effet, riche d’un baccalauréat en sociologie et d’une maîtrise en urbanisme de UdM, l’expertise de la Ministre se situe surtout au niveau de la culture et des communications.

8 mar

Sur le site du professeur Michael Wesch (celui à qui l’on doit la vidéo A Vision of Students Today, vue plus 3 millions de fois sur Youtube depuis 2007), on peut lire un article intéressant intitulé: How to get students to find and read 94 articles before the next class

Each student was required to find 5 articles, read them, and summarize them; uploading their summaries (or the author’s own abstract) into a ZohoCreator form.

Wesch relate que les discussions qui ont suivi en classe n’ont jamais été aussi animées!

Via la Vitrine Technologie-Éducation

3 fév

Dans un article paru sur Cyberpresse le 30 janvier dernier, Exit les compétences, place aux connaissances, la Ministre Michelle Courchesnes se félicitait de l’entente intervenue entre la Commission scolaire de Montréal et l’Alliance des professeurs de Montréal sur une réforme de la réforme.

Elle annonce qu’ « «Il y aura des changements importants. Mesurer l’acquisition des connaissances, pour moi, c’est un incontournable, et c’est vers ça qu’on se dirige.» Yves Parenteau ajoute que «d’abord et avant tout, et de façon prioritaire et primordiale, qu’on évalue les connaissances».

Si certains n’y voit pas là nécessairement une mauvaise chose (Connaissances et compétences : la fin d’un mauvais procès?), le rapport comporte certains éléments qui peuvent être inquiétants:

  • Il existe des grilles de correction mais elles ne font pas une place suffisamment explicite à l’évaluation des connaissances – si la situation d’évaluation est adéquate, ne sera-t-il pas plus ardu, voire impossible, de mener aisément la tâche sans l’acquisition préalable de solides connaissances?
  • Des grilles de correction adaptées à l’évaluation des connaissances permettraient à l’enseignant(e) de porter un jugement sur l’acquisition de celles-ci de façon objective – Est-il vraiment utile et nécessaire de porter un jugement objectif sur l’acquisition de connaissances? N’est-ce pas là une approche où on le sait ou on ne le sait pas?

En trois pages, les rédacteurs du rapport insistent sur la réduction de la tâche d’enseignement et de correction:

  • Dans un objectif d’allègement de la tâche, le nombre de résultats des élèves à inscrire à chacune des communications aux parents, dans certaines disciplines pourra faire l’objet d’une réduction.
  • La réduction du nombre de compétences à évaluer contribuerait à simplifier l’évaluation des apprentissages (…) Ce faisant, le nombre de résultats à transmettre serait moindre, allégeant ainsi la tâche des enseignants.
  • Les examens ministériels, notamment aux fins de sanction, sont jugés comme étant lourds à administrer, tant en terme de durée qu’en complexité des tâches demandées et de temps de correction.

Après la réforme pour améliorer les apprentissages des étudiants, la réforme pour améliorer la condition des enseignants?

8 jan

Dans un article du Monde, L’autre fracture numérique : celle des 16-25 ans, le codirecteur du centre d’étude de la FTU et coauteur de l’étude Les jeunes off-line et la fracture numérique aborde le cas de la minorité de 16-25 ans est coupée des technologies:

Les compétences mobilisées dans les deux univers ne sont pas les mêmes : chatter et mettre en page un document ne font pas appel aux même compétences, par exemple. Au cours de l’étude, des animateurs de maisons de l’emploi nous ont expliqué que certains jeunes prenaient peur face à un formulaire électronique d’inscription, alors qu’ils passent peut-être dix heures par jour sur le Web à écouter de la musique ou à discuter avec leurs amis.

Dans l’étude qui analyse des comportements des Belges de 15 à 24 ans , on peut lire:

  • La dynamique d’exploitation qui est faite des TIC et des informations qui en sont extraites apparaît, de fait, aussi importante que les compétences strictement instrumentales pour avoir un usage efficace et autonome des TIC. Ainsi, bien que la majorité des jeunes affirment être à l’aise dans la recherche d’information sur le web, lorsque l’on examine la question de plus près, nombreux sont ceux qui trouvent, en fait, l’opération difficile.
  • Les institutions d’enseignement et les pouvoirs publics n’ont
    pratiquement aucune notion de la nature des connaissances et du niveau
    réel des compétences TIC des jeunes. Ils partent de l’idée que les jeunes
    ont, par définition, une avance sur les autres groupes d’âges, et qu’ils
    disposent, en tant que natifs numériques, de compétences TIC innées.

La solution pour intégrer ses natifs numériques, mais exclus numériques, passerait par la convergence entre la formation aux TIC et l’éducation aux médias, ainsi que par la valorisation de méthodes pédagogiques qui permettent aux jeunes de dépasser progressivement les limites de leur propre univers internet, en valorisant celui-ci
plutôt qu’en le diabolisant.

7 jan

Le rapport de recherche LexisNexis-Technology-Gap-Survey trouvé sur le site de ReadWriteWeb (basé sur une étude faire auprès de col blanc et d’avocats) indique que:

  • While a over two thirds (68%) of all Boomers agree that PDAs andmobile phones contribute to a decline in proper workplace etiquette, less than half (46%) of Gen Y workers thinkso.
  • While only 17% of Boomers think using laptops or PDAs during in-person meetings is “efficient,”over one third (35%) of Gen Y think it is.
  • While only 38% of Boomers think it’s appropriate to befriend a colleague on a social networking site, over three quarters 76% of Gen Y workers do.

ReadWriteWeb commente:

Baby boomers are the executives, the CEOs, the bosses, etc. while Gen Y is just now getting their foot in the door. But it’s clear that these two generations strongly disagree on how technology is to be used.

En complément, il est intéressant de lire les commentaires sur une autre étude, celle de Forrester Research:

More than 60 percent of those in this generational group actively consume socially created content like blogs, videos, podcasts, and forums. (…) In 2007, the percentage of Boomers consuming social media was 46% for younger Boomers (ages 43 to 52) and 39% for older Boomers (ages 53 to 63). By 2008, those number increased to 67% and 62%, respectively.

Pas si techno-nul les boomers! ;)

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