26 mar

Bill Gates nous parle du sérieux problème de malaria dans les pays pauvres. Puis, après 8 minutes, il pose la question : »How do you make a teacher great? ». Quelques minutes plus tard, le conférencier reposera la question sous cette forme : « How do you make education better? »

Les enseignants seraient, selon Bill Gates, une majeure partie de la solution: « but the more we looked at it, the more we realized that having great teachers was the key thing ». Selon les statistiques mentionnées (on ne mentionne pas ici ce qui fait d’un enseignant un top enseignant), le top 25% d’enseignants va augmenter la performance de sa classe d’environ 10% en une année.

La solution passe par la recherche: la récolte de données, l’analyse de ces données pour trouver, et diffuser, ce qui semble fonctionner. Gates donne en exemple les écoles KIPP etle livre inspirant Work Hard. Be Nice. How Two Inspired Teachers Created the Most Promising Schools in America par Jay Mathews – un livre qu’il recommande si chaudement que les gens dans la salle en ont reçu une copie chacun.

25 mar

Le 19 mars dernier, paraissait sur le site du Devoir, une lettre à la Ministre de l’Éducation Michelle Courchesne. L’auteure, une enseignante au secondaire, s’adresse à la Ministre pour lui dire de ne pas saborder la réforme :

Le virage technologique bouleverse les façons d’apprendre et d’enseigner, ajoute-t-on dans l’article. Tout cela semble aller de soi. Nul ne l’a dénoncé. Nul ne s’en est moqué. Et il y a là des éléments qui ont pourtant mené à la réforme…

En effet, lorsque la Ministre a décidé de faire un pas en arrière (voir La réforme de la réforme?), les arguments ayant mené à la réforme ne semblaient pas en cause, c’est plutôt la matérialisation qui sembler poser problème (on y abordait les grilles et les bulletins).

L’auteure, Brigitte Friset, note au passage qu’il n’est pas aisé, lorsque les médias s’acharnent à la détruire, de défendre la réforme lorsque même les acteurs sur le terrain se font attaquer :

On s’est de plus moqué du professeur qui devenait un guide. Comment avoir pu comprendre qu’un guide regardait ses élèves réaliser des projets! Je ne choisirais pas un guide touristique qui découvre en même temps que moi les trésors de l’Alhambra! Être un bon professeur c’est, comme le disait en partie Lévi-Strauss, être «celui qui pose les bonnes questions », parce qu’il a d’abord imaginé les chemins qui mènent à la réponse, tout en se réjouissant que son élève en trouve de nouveaux.

Deux éléments ont attiré mon attention. Premièrement, l’auteure mentionne qu’elle connait « (…) plusieurs professeurs, rigoureux et exigeants, d’excellents professeurs, qui ont vécu harmonieusement cette réforme ». La réussite de l’implantation, voire dans l’intégration, de la réforme passerait donc, du moins en partie, par un profil particulier d’enseignants?

Enfin, j’ai souri lorsque l’auteure s’adresse à la Ministre : « Laissez-moi vous rappeler que vous n’êtes pas une pédagogue ». Je n’ai pas pu m’empêcher de jeter un coup d’oeil sur le cv de Madame Courchesne (ici et ici). En effet, riche d’un baccalauréat en sociologie et d’une maîtrise en urbanisme de UdM, l’expertise de la Ministre se situe surtout au niveau de la culture et des communications.

3 fév

Dans un article paru sur Cyberpresse le 30 janvier dernier, Exit les compétences, place aux connaissances, la Ministre Michelle Courchesnes se félicitait de l’entente intervenue entre la Commission scolaire de Montréal et l’Alliance des professeurs de Montréal sur une réforme de la réforme.

Elle annonce qu’ « «Il y aura des changements importants. Mesurer l’acquisition des connaissances, pour moi, c’est un incontournable, et c’est vers ça qu’on se dirige.» Yves Parenteau ajoute que «d’abord et avant tout, et de façon prioritaire et primordiale, qu’on évalue les connaissances».

Si certains n’y voit pas là nécessairement une mauvaise chose (Connaissances et compétences : la fin d’un mauvais procès?), le rapport comporte certains éléments qui peuvent être inquiétants:

  • Il existe des grilles de correction mais elles ne font pas une place suffisamment explicite à l’évaluation des connaissances – si la situation d’évaluation est adéquate, ne sera-t-il pas plus ardu, voire impossible, de mener aisément la tâche sans l’acquisition préalable de solides connaissances?
  • Des grilles de correction adaptées à l’évaluation des connaissances permettraient à l’enseignant(e) de porter un jugement sur l’acquisition de celles-ci de façon objective – Est-il vraiment utile et nécessaire de porter un jugement objectif sur l’acquisition de connaissances? N’est-ce pas là une approche où on le sait ou on ne le sait pas?

En trois pages, les rédacteurs du rapport insistent sur la réduction de la tâche d’enseignement et de correction:

  • Dans un objectif d’allègement de la tâche, le nombre de résultats des élèves à inscrire à chacune des communications aux parents, dans certaines disciplines pourra faire l’objet d’une réduction.
  • La réduction du nombre de compétences à évaluer contribuerait à simplifier l’évaluation des apprentissages (…) Ce faisant, le nombre de résultats à transmettre serait moindre, allégeant ainsi la tâche des enseignants.
  • Les examens ministériels, notamment aux fins de sanction, sont jugés comme étant lourds à administrer, tant en terme de durée qu’en complexité des tâches demandées et de temps de correction.

Après la réforme pour améliorer les apprentissages des étudiants, la réforme pour améliorer la condition des enseignants?

8 jan

La caméra penne à le suivre, il aurait bien aimé parlé d’astronomie, mais, il ne l’a pas fait.
Il affirme en sautillant :

The first you do something, it’s science.
The second time, it’s engineering.
The third time, it’s just being a technician…

Stoll croit, pour des raisons qu’il ne mentionne pas, que les ordinateurs ne devraient pas se trouver dans les salles de classe.

Il aborde le futur, que les techniciennes en service de garde connaissent probablement beaucoup mieux que les « experts » du domaine.

L’homme qui « think locally, act locally » enseigne à des jeunes de 8e année quatre jours semaine, les introduisant à la « vraie physique ». Lors de cette conférence,  il a d’ailleurs réussi à expliquer la façon de mesurer la vitesse du son en moins de 4 minutes… c’est certain qu’avec une telle prestation, pas besoin d’ordinateur!

8 jan

Dans un article du Monde, L’autre fracture numérique : celle des 16-25 ans, le codirecteur du centre d’étude de la FTU et coauteur de l’étude Les jeunes off-line et la fracture numérique aborde le cas de la minorité de 16-25 ans est coupée des technologies:

Les compétences mobilisées dans les deux univers ne sont pas les mêmes : chatter et mettre en page un document ne font pas appel aux même compétences, par exemple. Au cours de l’étude, des animateurs de maisons de l’emploi nous ont expliqué que certains jeunes prenaient peur face à un formulaire électronique d’inscription, alors qu’ils passent peut-être dix heures par jour sur le Web à écouter de la musique ou à discuter avec leurs amis.

Dans l’étude qui analyse des comportements des Belges de 15 à 24 ans , on peut lire:

  • La dynamique d’exploitation qui est faite des TIC et des informations qui en sont extraites apparaît, de fait, aussi importante que les compétences strictement instrumentales pour avoir un usage efficace et autonome des TIC. Ainsi, bien que la majorité des jeunes affirment être à l’aise dans la recherche d’information sur le web, lorsque l’on examine la question de plus près, nombreux sont ceux qui trouvent, en fait, l’opération difficile.
  • Les institutions d’enseignement et les pouvoirs publics n’ont
    pratiquement aucune notion de la nature des connaissances et du niveau
    réel des compétences TIC des jeunes. Ils partent de l’idée que les jeunes
    ont, par définition, une avance sur les autres groupes d’âges, et qu’ils
    disposent, en tant que natifs numériques, de compétences TIC innées.

La solution pour intégrer ses natifs numériques, mais exclus numériques, passerait par la convergence entre la formation aux TIC et l’éducation aux médias, ainsi que par la valorisation de méthodes pédagogiques qui permettent aux jeunes de dépasser progressivement les limites de leur propre univers internet, en valorisant celui-ci
plutôt qu’en le diabolisant.

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