Édition du 2 février 2012
Pédagogie
Revisiter l'activité synthèse de programme

Depuis le milieu des années 90, les cégeps sont tenus d'élaborer et de réaliser une épreuve synthèse de programme (ESP) dans chacun de leurs programmes menant à un DEC. Cette épreuve, dont la réussite est une condition d'obtention du DEC, a pour fonction d'attester l'atteinte par chaque étudiant finissant des grands résultats visés par la formation : buts et intentions éducatives de la formation, grandes compétences et compétences terminales de formation spécifique.

L'ESP prend, au Cégep Limoilou, la forme d'une activité synthèse de programme (ASP) associée à un ou à des cours porteurs de fin de formation spécifique. L'article 22 de la PIEA prévoit que chaque comité de programme révise toute activité synthèse sous sa responsabilité et soumette à la Direction des études, pour approbation, la présentation et l'explication détaillées de chaque projet d'activité et de la gestion qu'il compte en faire.

Cette opération de révision aura lieu au cours des prochains mois. Pour en orienter l'accomplissement et pour en faciliter la présentation des résultats, des documents distincts ont été produits pour les programmes d'études préuniversitaires et pour les programmes d'études techniques : un Guide de présentation d'une proposition d'ASP, une Fiche de proposition d'ASP et une Grille d'autoévaluation de l'ASP.

Enfin, les conseillères et les conseillers pédagogiques sont prêts à accompagner les comités de programme à toutes les étapes de leur démarche de révision des ASP et d'élaboration des propositions soumises à la Direction des études. N'hésitez pas à les consulter!

Pédagogie
Choisir des méthodes pédagogiques efficaces

Le 11 janvier dernier se tenait l'activité pédagogique en titre s'adressant aux enseignantes et aux enseignants en insertion professionnelle. Celle-ci visait à favoriser le dialogue et le partage d'expériences dans une optique de développement pédagogique, à identifier des méthodes qui conviennent aux types d'apprentissages et à amener les enseignants à témoigner des méthodes expérimentées et des impacts sur l'apprentissage des étudiants.

Les participants étaient invités à examiner les critères qui guident le choix de méthodes d'enseignement et à en tenir compte pour concevoir différents scénarios à expérimenter dans leur cours.

  • Les objectifs de développement poursuivis dans le cours;
  • Les apprentissages à développer : cognitifs, procéduraux, comportementaux;
  • Les phases de l'apprentissage : activation, élaboration, organisation, application, intégration;
  • Le traitement de l'information par l'étudiant;
  • Le caractère signifiant et motivant pour l'étudiant;
  • Les caractéristiques des étudiants à qui s'adresse le cours;
  • La personnalité de l'enseignant et son aisance avec la méthode choisie
  • La compatibilité avec le temps alloué et les ressources matérielles.

Tout comme ces enseignants, si vous souhaitez vérifier que vos méthodes pédagogiques sont appropriées, voici quelques questions auxquelles vous pouvez répondre.

Les questions qui orientent le choix des méthodes d'enseignement
Est-ce que la méthode est signifiante aux yeux de l'étudiant et donne sens à ses apprentissages? Peut-il en saisir l'utilité?
Est-ce que la méthode favorise une progression de la complexité des apprentissages?
Est-ce que la méthode permet à l'étudiant de faire des liens avec des notions déjà apprises, de réorganiser l'information et de formuler des propositions?
Est-ce que la méthode favorise des apprentissages durables?
Est-ce que les méthodes sont diversifiées et assez variées pour éviter l'effet de saturation?
Est-ce que les méthodes permettent à l'étudiant de relever un défi ? (ni trop facile, ni trop difficile)
Est-ce que les méthodes favorisent la mise en place de pauses ou de moments d'intégration des connaissances, des apprentissages?
Est-ce que les méthodes favorisent la mise en place de moments de rétroaction sur les apprentissages?
Est-ce que la méthode favorise la collaboration entre les étudiants?
Est-ce que la méthode est assez ouverte pour permettre à l'étudiant de faire ses propres choix?
Est-ce que la méthode incite l'étudiant à prendre en charge le développement de ses apprentissages?
Est-ce que les méthodes permettent à l'étudiant de percevoir sa compétence à acquérir et utiliser des connaissances? L'étudiant perçoit-il qu'il peut contrôler ses apprentissages?
Est-ce que les méthodes mènent l'étudiant à une production concrète qui ressemble à ce qu'il aura à faire dans son milieu de travail ou dans ses études universitaires?
Est-ce que les méthodes aident l'étudiant à percevoir l'importance de la tâche à réaliser et son utilité pour la poursuite de sa formation?
Est-ce que les méthodes permettent à l'étudiant de s'autoévaluer? (Participation et responsabilisation des étudiants)

Pour avoir accès à quelques articles de référence, consultez le Web pédagogique.

Pédagogie
Les questions sans réponses de nos étudiants
Est-ce que le prochain cours est important?

La plupart des enseignants ont été maintes fois invités par des étudiants à répondre à cette insidieuse question. Que sous-tend-elle donc? La présence en classe semble-t-elle facultative, voire inutile aux étudiants qui la posent?

Des sous-entendus
Une étude réalisée au Cégep de Sherbrooke révèle que les premières causes de l'absentéisme identifiées par les étudiants sont les méthodes pédagogiques de l'enseignant et son manque de dynamisme. De ce point de vue, poser la question constituerait une façon détournée de dire à l'enseignant : « Je pense qui si le prochain cours est comme celui d'aujourd'hui, vous devriez me dispenser d'être présent ».

Selon les enseignants, la question recèle plutôt un aveu de l'étudiant : « Apprendre ce que vous nous proposez ne m'intéresse pas » ou « J'ai mieux à faire au même moment ». En effet, les enseignants jugent généralement que le travail rémunéré, le désintérêt des étudiants et leur insouciance sont les principales causes de l'absentéisme, les méthodes pédagogiques et le dynamisme des enseignants n'apparaissant qu'aux 10e et 11e rangs sur 12. Bref, « Les enseignants parlent d'élèves motivés, les élèves d'enseignants plates », chacun renvoyant la responsabilité de l'absentéisme à l'autre.

D'autres raisons peuvent bien sûr expliquer une telle question, parmi lesquels l'asymétrie des conceptions de l'enseignement et de l'apprentissage de l'enseignant et de l'étudiant, les visées du cours et l'impact présumé des activités réalisées en classe sur leur atteinte.

Des conséquences
Quoi qu'il en soit, et fort heureusement, il existe un lien étroit entre l'apprentissage et la présence en classe. En fait, l'absentéisme peut être la cause d'un plus faible développement par l'étudiant de ses capacités ou encore la conséquence d'autres facteurs nuisant à la réussite scolaire (situation socioaffective ou socioéconomique difficile, problème de consommation, incapacité à se prendre en main, etc.).

Toujours selon l'étude menée au Cégep de Sherbrooke, la plupart des étudiants rencontrés affirment cependant gérer leurs absences - et les risques qui y sont associés - en choisissant les activités auxquelles ils ne prennent pas part. Pour une vaste majorité, la décision de s'absenter serait donc prise sciemment : ils ne s'absenteraient que lorsqu'ils considèrent, à tort ou à raison, que cela affectera peu leur développement ou leurs résultats.

Des pistes de solutions
Comment intervenir en tenant compte de cette analyse? Faut-il sensibiliser les étudiants aux conditions dans lesquelles se produit l'apprentissage afin d'encourager la présence en classe ou sanctionner les absences? L'application de règles régissant la présence en classe favorise-t-elle la fréquentation et la réussite scolaires ou constitue-t-elle un frein à la responsabilisation des étudiants et au développement de leur autonomie?

Les recherches sur le sujet tendent à démontrer que les sanctions liées à l'absentéisme ont peu d'effet sur la fréquentation et sur la réussite. Par ailleurs, diverses études indiquent que « la sensibilisation répétée et appuyée par des données quantitatives s'est révélée plus efficace que l'application de sanctions ». Cette approche est cohérente avec l'attitude des étudiants mise en lumière précédemment : s'ils sont sensibilisés aux conséquences de l'absence en classe, ils en tiennent compte dans la gestion de leurs absences. Il en résulte une baisse du taux d'absence et une augmentation des résultats scolaires.

Enfin, à titre d'enseignants, vous êtes en mesure d'agir plus spécifiquement sur certains facteurs favorisant la présence en classe des étudiants. Notamment, il est possible d'offrir des activités pédagogiques nécessitant une participation active en classe, comme des discussions ou des débats, la réalisation collaborative de projets, le traitement coopératif de situations-problèmes ou toutes autres activités rendues possibles (ou plus fréquentes) par le recours à la classe inversée. Cette piste de solution semble d'autant plus pertinente que la deuxième raison le plus souvent invoquée par les étudiants pour ne pas être présents en classe est que leur présence ne leur apparait pas nécessaire.

MINI-QUIZ : QUELLES SONT VOS CROYANCES AU SUJET DE L'ABSENTÉISME?

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